Née à Poitiers en 1984, diplômée de l’Ecole Européenne de l’Image de Poitiers et de l’École nationale des beaux-arts de Paris en 2011, elle vit et travaille à Paris.

Sophie Gaucher s’intéresse aux formes multiples que peut prendre l’art populaire, les rites païens ainsi qu’à l’ancrage des légendes locales dans le lieu.

Son travail, tantôt nomade, peut s’établir par une correspondance qui engage à des collaborations multiples et dans tous les domaines (metteur en scène, écrivain, éditeurs, danseurs).

C’est ainsi qu’elle enclenche des projets collaboratifs depuis 2006 notamment avec l’éditeur La Nuit Myrtide à Lille, Strani Dizioni à Bologne (Italie), Dans la maison de Monsieur C. avec des oeuvres in situ (Picardie), la vidéothèque nomade à Bruxelles et récemment le Museum Quality à New York pour des interventions dessinées. S’inspirant du procédé des grotesques, elle accumule et assemble des visions qui s’accouplent les unes ou autres. Avec la technique du dessin en direct, elle performe des dessins lumineux sur des façades d’architectures

la nuit (Dessins publics, 2014-2015).

En 2010, elle est lauréate du prix de la jeune création Agnès B et soutenu par le MAC VAL pour l’aide à la jeune création en 2011. Le vestibule de La Maison Rouge (Fondation Antoine de Galbert) expose en 2012 sa série Reliefs (céramiques et dessins). Elle travaille actuellement à la réalisation d’une vidéo Panoplie.







Prix et résidences

- résidence de création Centre National de la Danse à Pantin

- Résidence de production à New York, Museum Quality, juillet 2014

- Artiste lauréat pour une proposition in situ au Musée de Brunoy, mai 2013

- Prix Agnès B, association des Amis des Beaux Arts de Paris, 2010

- Premier prix One Minute Festival, New York, School of Visual Arts, 2010

- Aide à la création, Mac Val, Conseil Général du Val de Marne, 2009

- Lauréate de la Biennale de la jeune création, Houilles (78), 2008


Collections

Isotom Productions, Vitry sur Seine, France, 2016

Les amis de l’Ecole d’Art du Beauvaisis, France, 2014

Museum Quality New York, Etats Unis, 2014

Conseil départemental de l’Eure, France, 2011

Vidéothèque Nomade, Brussels, Belgique, 2008





EXPOSITIONS


La maison rouge, Lancement des coffrets de la revue Composition, décembre 2017, Paris

Zoocryptage, La crypte, invitée par Espace Topographie de l’art, Biarritz, août 2017

Fantaisie, Le Celcisus, exposition collective de dessin, Le pré saint Gervais, mai 2017

Machines urbaines, Club Azteka, installation Panoplie (performance et objet),  mars 2017

Revue Composition, exposition anniversaire, le 7 et 8 janvier 2017 à la Galerie O.F.R, Paris

Autour d’une même terre, Galerie Nationale de la Tapisserie à Beauvais, invitée par l’Ecole d’Art du Beauvaisis, Beauvais, France, mai 2016

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texte d'Alain Bouaziz pour l'exposition au centre d'art aponia
du
10 octobre au 22 novembre 2009, Villiers sur Marne (94)


Sophie Gaucher dessine partout sur feuille, sur toile, sur des murs, au
sol… Elle loge ses créations faites de feutre, de stylo bille, de
peinture, d’encre ou de crayon dans un in situ paradoxalement
imprévisible, à la fois cocasse et fantastique (par exemple sur des
colonnes dans un préau, ou sur le pan qui se profile derrière un
radiateur, autour d’un porte manteaux, d’une prise d’électricité en bas
d’une cloison…) Chaque proposition s’inscrit dans l’environnement,
tantôt comme une sorte de cadavre exquis, tantôt comme un théâtre
ou une sorte de cabaret, avec ses fantasmes ou ses pics. Et c’est
parfois un squat graphique, un camping visuel, une étape gourmande
de tableaux fantastiques et d’hallucinations mêlés. "Suivez la ligne"
écrit-elle dans une invective lors d’une récente résidence d’artiste aux
allures de déclaration théorique ou de méthode, alors que la confusion
entre intention, système visuel et technique de travail instille
des mélanges graphiques qui rendent chaque oeuvre toujours plus
mystérieuse. Si on la prie de justifier ses choix, elle évoque des
propositions formelles, use de termes comme racine, hybrides,
d’animaux végétariens… Si à l’inverse, on la somme d’évoquer ses
sources d’inspiration, la conversation devient formelle et tourne vite
autour d’idées de matière, de révélation, d’accouplement, de fusion,
bref, de tactique d’expression, preuve, s’il était besoin, qu’elle a
conscience des éléments dont elle se sert. Sophie Gaucher apprécie
Roland Topor, l’illustration onirique, le surréalisme des métamorphoses,
le geste spontané, les compositions non préparées, la fausse naïveté.
Les tableaux ou les dessins sont produits en série. Pour être précis,
elle les travaille tous en même temps (comme l’atteste une photographie
récemment prise dans son atelier lors de sa résidence d’artiste à
Houilles). Toutes les oeuvres évoluent simultanément, à la fois
ensemble et contradictoirement mais aussi pour nuancer leurs
différences. Sophie Gaucher file un propos qui lui-même file, et
qu’elle s’efforce de laisser filer. Les titres de ses dessins s’intitulent
Coulis, Formes, Lignes, Reliefs. Pour elle, un dessin entraîne la
création d’un montage visionnaire. Vous suivez ?

Vasque monde,

texte d’Emilie Bouvard pour le hublot, Ivry sur Seine, juillet 2011


«Tout cela tenait dans une vasque, rosée aux lignes incertaines, une chair rose boursouflée, à la fois haussée, débordante, maintenue et prisonnière d'une géométrie froide. Une chair de ce rose pourceau que je connais bien, et qui fait courir sur mes lèvres un sourire de jouissance quand sous mes yeux et en mon pouvoir, touché par ma froide baguette et mes philtres, un homme lentement se change en porc. Et cette vasque elle-même se changeait : de l’assiette épaisse prise dans le fer se dégageaient des jambes qui s’agitaient impuissantes dans les airs. Homme ? Femme ? Le ventre enflé qui surmontaient les jambes pouvait évoquer une fécondité féminine, une autre gestation en cours. Mais un homme gras peut présenter le même aspect. Et la vasque devenait-elle homme, femme ? Ou bien l’homme, ou la femme, se faisaient-ils vaisselle ? La métamorphose qui est un si beau spectacle et si fascinant car elle se déroule dans le temps, lorsqu’on la représente, pose à son tour la question du temps, et montre combien celui-ci n’est visible que dans l’espace sublunaire du changement des choses. Ces jambes vont-elles glisser jusqu’au sol et tirer après elles un corps ? Ou bien vont-elles s’absorber dans cette vaste assiette charnelle ? Et d’où viennent-elles ?

 

Des silhouettes de femmes sont posées sur ses bords et dans son creux. Nymphes, faunesses, sorcières, fées ? Des sœurs, en tout cas, oisives et méditatives, des Pythies peut-être qui regardent comme moi dans les profondeurs de la faille en céramique. Elles semblent posées là sur les flancs de ce cratère volcanique et attendre, dans une sorte de conversation démoniaque. Elles parlent, malveillantes comme les Causeuses de Camille Claudel, vont-elles bientôt danser comme celles de La Vague à la lumière de la "lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée" ? (Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose - Le Spleen de Paris,  "Le Désir de peindre")

 

Elles transforment par leur présence la vasque en monde, la vaisselle en paysage. Elles en font la bouche des Enfers, dont je connais le lieu et les secrets pour y pénétrer et en revenir sain et sauf. Ce sont des gardiennes. Femmes, elles féminisent aussi ce paysage en lieu sexuel. La vie, la mort, je vous l’avais annoncé.


Cette vasque raconte une histoire de coupe, de gouffre infernal, de désir et de métamorphose avortée ou en cours. J’aurais voulu rejoindre mes consœurs dans leur sabbat métamorphique à venir, attirée par la profondeur. J’ai préféré retrouver ma puissance et ne pas céder au vertige. Un texte vaut bien quelques maléfices. À votre tour de vous risquer au bord du gouffre. »

 

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Comme le nez au milieu de la figure

texte d’Hélène Meisel pour le catalogue de l’ensba de Paris, diplômés 2011


Les figures que dessine indéfiniment Sophie Gaucher au fusain, au feutre, au stylo bic ou à l’encre font preuve d’un exhibitionnisme paradoxal. Car, tout en arborant des corps ambivalents, sans sexe ni poitrine, elles dérobent leurs visages derrière des masques, parfois grotesques.

Il arrive en effet qu’un nez phallique ou qu’un museau en forme de groin poste clairement le ridicule au milieu des visages. Pour l’artiste, le premier dessin est d’ailleurs celui du « nez au milieu de la figure », cible par laquelle commence le portrait, en même temps que protubérance inratable symbolisant l’évidence indéniable.


Ces faciès signent l’anonymat de figures qu’il faudrait plutôt voir comme la démultiplication grouillante d’une figure unique et solitaire, qu’agitent des métamorphoses viscérales et libidineuses, proches parfois des combinaisons monstrueuses d’un Jérôme Bosch, d’un Victor Brauner ou d’un Roland Topor.


Dans la série Histoires naturelles, l’artiste multiplie sur le blanc du papier les dessins d’organismes roses et gris, augmentés par moments de membres découpés au scalpel dans des revues de botanique ou d’anatomie.


Le va-et-vient qui agite les corps déclenche une mécanique plus inquiétante que sensuelle. Les chairs, affublées de mamelles ou de bajoues pendantes, s’adonnent parfois à un libertinage déliquescent, ponctué de détails scatologiques.


Il arrive aussi que les corps s’animent d’un mouvement réel, notamment dans les automates en terre cuite colorée réalisées par l’artiste : deux pieds coupés aux chevilles moulinent sur place (Mesure, 2011), des yeux de verre s’agitent derrière un masque grotesque (L’attirail du chasseur, 2011), des colombins timides s’échappent de cavernes informes (Action et Tumulus, 2011). Il en va de la kermesse et du carnaval dans ces dessins et reliefs où les corps accomplissent des rondes – danses ou parades rituelles – dont l’objectif pourrait être de l’ordre de la copulation ou de la dévoration.

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En marges, exposition rue des patriarches, paris, 2008

Traits à la douzaine, la générale, paris, 2008

suivez la ligne, catalogue de résidence, houilles, 2009

catalogue des diplômés 2011, édition beaux arts de paris, page 100

reliefs, la maison rouge, paris, 2010

brochure Prix Agnès B 2010

collectif, biennale de la jeune création, houilles, 2008

invitation, exposition suivez la ligne, houilles, 2009

 
Orage Titan Fata Morgosa

collectif Centrifuge du 29 Novembre au 31 Décembre 2012

La frontière entre naturel et surnaturel*, semble être une histoire de perception subjective.
Comme une suite à la thématique de Wich Witch**, le naturel «taquin» est le terrain d’exploration de Centrifuge pour cette nouvelle exposition intitulée :
Orage Titan Fata Morgosa, mystérieux titre double.

Titan est un satellite de Saturne. Des scientifiques avancent que son atmosphère pourrait héberger une vie extraterrestre microbienne. C'est une sorte de Terre primitive dont les astronomes, pleins d'espoirs, tentent de percer les mystères pour comprendre comment la vie est apparue sur notre planète ...
Fata Morgosa évoque différentes sortes de mirages et par extension les phénomènes spectaculaires naturels.

Munis d’une boussole fluo, dix-sept artistes vous invitent à observer leurs pérégrinations (des dessins mais aussi de la vidéo, de la céramique et des installations), à recomposer un itinéraire imaginaire ou l’on se perd à travers botanique, déserts ultra violets, visions de chimères...





création graphique Marine Le Saout, 2012

Théâtre des Valeurs

Du 7 octobre 2012 au 16 décembre 2012 à Bazouges la Pérousse


Curateurs associés Alexandra Roger et Arnaud Vérin




Artistes exposants :

Zenn Al Charif, Charlotte Agricole,

Elodie Brémaud, Charles Coturel, Quentin Debenest,

Marie de Geuser, Sophie Gaucher, Michael Gauthier, Julie Gayral,

Benjamin Jaud, Quentin Lannes, Ronan Le Creurer, The big Conversation Space

( Clémence de Moglofier et Niki Korth), Emilie Thibaudeau, David Robert, Alexandra Roger et Arnaud Vérin.


Notre monde accumule la connaissance, de multiples inventaires ont

déjà été réalisés, ce n’est pas ce que nous recherchons avec ce projet. Nous utilisons la forme du cabinet dans le but de confronter des oeuvres réalisées par des artistes assez jeunes afin de proposer une nouvelle configuration du monde en tant que mondéité ou perception personnelle. Les objets-oeuvres seront exposésen tant que pièces finies, maquettes, prototypes, ou encore collections. Cela nous permettra quelque fois d’apporter une ambiguïté sur la véracité de leur existence (mystification) ou encore de leurs vraies formes (jeux d’échelles, aberrations chromatiques).

Le premier étage, géré par Arnaud, s’oriente autour des notions de valeur telle que la sacralisation de l’objet, auxquelles on prête des qualités spirituelles, le vestige ancestral, ou encore la confusion entre la dévaluation liée aux phénomènes de l’altération de l’objet (cassure, salissure, incomplétude) et du fait que l’objet devient unique et donc rare. Une autre interrogation peut être pertinente autour de la valeur qu’un objet acquiert lorsqu’on le rend monstrueux (créer un ensemble chimérique). Ces deux thèmes questionnent la valeur d’un objet auquel on retire ou on ajoute

une chose à sa forme initiale, la plus-value. Il aborde également les termes de la sacralisation et du profane, quelle entité morale peut définir si un objet est l’un ou l’autre ? Les index de la Renaissance servaient au Vatican à lister

les écrits interdits. Arnaud opère ainsi une fétichisation de tout ce qu’il collectionne, objets chinés avec passion.


Alexandra Roger, à Bazouges la Pérousse








Bibliographie


Cabinets de curiosité, Patrick Mauriès, Gallimard, 2011.


La modernité du cabinet de curiosités, Christine Davenne, L’Harmattan, 2004.

L’Oeuvre ouverte, Umberto Eco, Editions du Seuil, 1979.


Démons et merveilles, H.P. Lovecraft, 10-18, 2007.


Curiosité et cabinets de curiosités, Textes réunis par Pierre Martin et Dominique Moncond’huy., Atlande 2004.













Le cabinet d’Aloe Worm, Muséi Wormiani historia, 1655, Copenhague.

Bibliothèque interuniversitaire de médecine, Paris.

marginalia 
exposition in situ

du 16 janvier au 18 mai 2013
au Musée Robert Dubois Corneau à Brunoy qui réunit quatre proposition d'artistes sur le lieu avec Elisabeth Amblard,  Hélène Mougin, Régis Feugère.

"Le projet proposé par Sophie Gaucher pour le musée Robert Dubois-Corneau s’intitule marginalia, en référence aux dessins de Félicien Rops en marge des ouvrages fétiches de riches collectionneurs, eux-mêmes inspirés des minuscules dessins, souvent truculents, dont les enlumineurs médiévaux truffaient les plus manuscrits.
En conservant  le cachet particulier du lieu, l’artiste y réalisera plusieurs discrètes interventions: dessins muraux, collages sur les baies vitrées, installation murale composée de dessins et de céramiques inspirés des estampes de la faune et de la flore de la vallée de l’Yerres collectées par Robert Dubois-Corneau.
Visible depuis le trou de serrure de la porte d’un petit placard dans la pièce, le sang d'un poète, animation dessinée inspirée par la séquence du voyeur dans le film éponyme de Jean Cocteau, représentera, par une mise en abyme de ce personnage, des visions de personnages étranges qui se succèdent. Frustration du voyeur et imagination de l’espace dissimulé participent de l’idée des marginalia."
http://elisabethamblard.com/http://yourprofolio.com/mouginhttp://yourprofolio.com/mouginhttp://www.regisfeugere.com/shapeimage_6_link_0shapeimage_6_link_1shapeimage_6_link_2shapeimage_6_link_3

Jean Cocteau, extrait du film Le sang d’un poète

Épopées

de Madeleine Weber à Sophie Gaucher

Vernissage Jeudi 10 octobre 2013 à 18h30

Espace culturel François Mitterrand

43, rue de Gesvres

60000 Beauvais

du vendredi 11 octobre au samedi 21 décembre 2013



Madeleine Weber habite l'Oise présente des oeuvres des années 70, Sophie Gaucher est une jeune artiste parisienne diplômée de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. A travers cette exposition, leurs oeuvres, à quarante ans de distance, se rencontrent et dialoguent autour du thème commun.

Dans la maison de Monsieur C. Septembre 2013-2014

Interventions in situ/ extrait du catalogue de la résidence


Les sculptures et installations de Sophie Gaucher sont faites de

torchis (paille et terre mélangées) comme les murs qui les entourent,

de branchages, de craie, de fragments d’objets cassés ou autres

matériaux qui se trouvaient là. Inclusions dans le bâtiment,

elles naissent du lieu et se répandent progressivement dans

les différents espaces. En retrait, les gardiens, assemblée de petites

terres émaillées, veillent sur la maison.

Les formes des sculptures bicéphales s’engendrent les unes

les autres en un équilibre de poids en contrepoids. Dans la grange,

Sophie Gaucher a recueilli la terre nécessaire à la réalisation de ses

deux premières sculptures. La troisième semble être sortie du trou

qui s’est ainsi formé : bête étrange et familière à la fois, suspendue par

une corde. Ce bestiaire - génies du lieu et hybrides au nez protubérant,

avec des orifices pour yeux - évoque autant des figures venues

de l’illustration ou de l’art brut, qu’un cadavre exquis.

De l’architecture vernaculaire au petit autel, Sophie Gaucher crée

ses propres habitats jusque dans les anfractuosités et craquelures

des murs à l’intérieur de la maison où se nichent quelques dessins :                  personnages, moisissures et volutes.

La hutte au milieu de la prairie n’abrite qu’un amas de craies aux

contours à peine polis, comme ramassées après leur chute.

Cette architecture primitive serait-elle le premier refuge entre ciel et terre ?

Constellations

Wall Ceramics

july to september 2014

Brooklyn, New York


Most of the pieces are made with discarded ceramics and concrete, found in the rubbish heap. Some pieces are melted together to make an original, others created from scratch. What appears to be a seemingly loose collection is held tightly together by the fragile thread of a vivid imagination.


Suzi Teo, Curator for Museum Quality



Museum Quality*, 59 Pearl Street, Brooklyn, NY 11201

open Thursday to Sunday 12 - 6

info@museumqualitynyc.com





*Museum Quality is a minuscule space, in the setting of a mall, hidden behind a taxi cab dispatcher. It is an unlikely venue for showcasing conceptual art and design.In marked contrast to the cookie-cutter white cubes, Museum Quality is an attempt to design a forum that harkens back to ad hoc artist run spaces, with minimal red tape; an experimental lab to redefine the language of institution and space.

The inherent limitations create the condition of a more hands on engagement with the public and passerby in real time. The curator and artist is challenged to “make-do” with resources at hand, led by an instant feedback loop, consistently editing. Boundaries of space become blurred. Hence, the street, the public triangle and private space become one. The space itself is a diorama of an ever evolving installation, distilled into pure form and an uncompromised aesthetic, with limitless possibilities.

Conversation

installation céramiques et dessins,

avec David Orstman à la Galerie Saint Séverin, Paris

du 7 juillet au 27 septembre 2014



« Sophie Gaucher et David Ortsman, c’est l’histoire d’un duo d’artistes indépendants qui a eu un coup de foudre artistique réciproque lors d’une rencontre à Paris en 2012. Ensemble, ils ont eu l’idée de créer une conversation visuelle agitée entre leurs œuvres à l’occasion d’expositions […] Si tous deux partagent la passion du dessin - fil conducteur de leur pratique respective -, de l’art brut et des dessins spirites, Sophie Gaucher produit aussi des céramiques qu’elle confronte à ses images, et travaille plus généralement avec l’espace.

Pour la Galerie Saint-Séverin, les deux artistes proposent une riche sélection de dessins (feutres, crayons, encres, aquarelles) et de céramiques produits récemment et encore jamais confrontés, occupant presque tout l’espace. Les différents personnages (masques, têtes, monstres, épouvantails, squelettes, pantins, doubles) peuplant leurs histoires surréalistes colorées - rêves étranges ou cauchemars festifs - semblent trouver leur part manquante dans le travail de l’autre : en effet, leurs travaux se complètent ou se confrontent alternativement.  C’est comme si le dessin de David Ortsman servait d’orthèse ou de prothèse à celui de Sophie Gaucher ; et vice versa, Sophie Gaucher pour David Ortsman.

Leur exposition titrée « Conversation » est placée sous le signe de la Pentecôte : les artistes proposent un dialogue dans cette vitrine et partagent entre eux et avec nous leurs visions. Nous assistons effectivement à leur conversation et semblons pouvoir y participer aussi.
Les saynètes de leurs dessins se répondent, créant ainsi de nouvelles histoires, offrant de nombreux messages et donnant ici lieu à diverses lectures pour le public. Leur proposition est comme un livre ouvert… »


Géraldine Dufournet. Commissaire de l’exposition


Avec tous ses objets et dessins, cette vitrine par son aspect d’art brut ressemble à une chapelle d’exvotos en miniature : aussi exotique, faite d’étrangetés et d’histoires dont on ne connaît pas les origines, mais, ici, pas de texte. Aucune trace de remerciements non plus, mais une suite de plaintes individuelles ou interindividuelles, ou encore de références sanguinolentes et doucereuses à la fois, de peur exprimée et d’auto dérision. Une telle exposition risque de hérisser certains, même si cette galerie est jusqu’à ce jour préposée à rendre compte de la jeune scène émergente de l’art et prend des risques. Des crânes énucléés, des corps coupés, des scènes de groupe de corps lovés ensemble, et ces couples qui se jettent à la figure des paroles agressives, etc. Face à Saint-Séverin.

"Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent […] Alors, ils furent tous remplis de l’esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. »

Il y a de la violence, cela décoiffe, l’esprit des artistes vient d’un ailleurs de l’art convenu, cela parle dans une langue étrange ; il s’agit d’une conversation entre deux artistes, de paroles échangées sous forme visuelle dont les spectateurs de la rue sont les témoins surpris. À eux de comprendre dans leur langue (leur culture et leur imaginaire) les sous-entendus et les explicites de chacune des saynètes. Certes, ces deux voix d’artistes ne proclament pas « les merveilles de Dieu » (Ac 2,11), mais elles expriment avec pertinence la réalité et les angoisses de la société, vues au travers de leurs expériences personnelles et probablement de leurs peurs enfantines. Si une grande partie des dessins relève de l’autoportrait et du double des artistes, il y a beaucoup de culture et de réflexion critique dans ce qui nous est dit de la parole aujourd’hui.

Les deux personnages nus assis dans un coin, gris, désabusés, ne se regardant pas, avec leur masque à la Ensor, expriment une part de vérité sur le couple même si cela n’est pas réjouissant. Les « dialogues dessinés » expriment soit la violence entre les locuteurs (des ronces entre deux bouches), soit le désir d’aller vers l’autre (des mains sortant des bouches, mais dans l’ambiguïté formelle puisqu’elles appartiennent à des squelettes, sur un fond de fleurs).

Didi Hübermann évoque les fantômes de l’Histoire dans sa relecture de l’histoire de l’art [1], David Orstman, lui, les dessine en pantins ou monstres, subissant et créant la violence ; il les met même ironiquement à tous les étages d’un immeuble à la Pérec ! « Penser à … » : tel est peut-être la visée de cette installation, si caractéristique de ce temps de l’art contemporain : du dessin libre et libéré des convenances, dont le trait est sûr, familier des comics de toutes époques, du collectif, des histoires individuelles d’artistes à la base d’une multiplication d’objets tous différents tentant de saturer les espaces, une vive sensibilité aux enjeux du moment, emplie par la violence subie ou que l’on propage, par la question de l’altération des corps. L’hybride, comme expression et méthode de pensée, est partout présent et surtout dans ce petit fantôme rouge sang, bras écartés comme le « Cristo Redentor » de Rio, mais revêtu à l’image d’un héros de la série Barbapapa, ou encore un épouvantail dont les pieds prennent racines comme l’Isaïe du retable de Grünewald ou chez Garouste. Entre le souvenir d’enfance, la symbolique religieuse, l’esprit spirite, le jeu visuel, le sens hésite, les artistes s’échappent. Les céramiques sont dans la lignée des enfants du surréalisme que l’on a pu voir récemment à Beaubourg, avec « Le surréalisme et l’objet », intrigantes et fonctionnant bien avec les dessins, en moins érotiques ou décapantes que celles de Mayaux. Ces visions constituent un bel accrochage, dont l’envahissement de l’espace est à l’opposé de la pureté minimaliste des expositions précédentes : les deux artistes ont beaucoup de choses à dire, à se dire, même si on ne les comprend pas toutes.


Si le punk (vaurien, voyou) est une culture de la contestation, dont le rock a été l’un des vecteurs majeurs, anarchiste, individualiste, « Conversation » en est proche mais ne relève pas du trash ; l’œuvre se singularise en effet par une évidente élégance, dont témoignent les aquarelles de Sophie Gaucher, mêlée à une violence doucereuse, dont l’amusement à se faire peur ne laisse pas indemne le spectateur. L’esprit qui traverse l’installation, les larmes de sang qui tombent sur des têtes dessinées détournent la symbolique des langues de feu emblématiques de la Pentecôte et relèvent plus de vives inquiétudes, voire de cauchemars que de simples rêves ; pas de message ou de merveilles annoncées, sauf la joie évidente de travailler tous les deux ensemble et les fleurs qui ponctuent les dessins. Du spiritisme explicite [2] et non un attrait pour une spiritualité. Cette vision néo punk (rattachée ici par la commissaire à la Pentecôte) est une approche fidèle de ce qui traverse toute une jeune génération de spectateurs, qui espère dans un monde autre et commence par crier ce qu’elle vit dans l’actuel, tout en s’en moquant. L’esprit de l’art souffle où il veut. Belle exposition de cette commissaire, originale et sensible aux matériaux de l’art, à qui l’on souhaite de poursuivre son travail de révélation après le temps de congé qu’elle s’apprête à prendre. Beau geste de confiance et de liberté de l’institution qui porte cette galerie.

Jean Deuzèmes


1] Au Palais de Tokyo, en 2014

[2] Patti Smith, l’égérie punk rockeuse, écrivain et photographe ayant fait l’objet d’une expo à succès à La Fondation Cartier, vit avec ses « fantômes » des arts.

Figures aux pieds d’argile


texte pour la Biennale de la Céramique à Châteauroux

par Emilie Bouvard, critique d’art et conservatrice du patrimoine

exposition de juillet à septembre 2013


 

Sophie Gaucher crée des chimères au corps nu et contourné, partiel et cependant en pleine vitalité. Leur monstruosité tient à cette imperfection du corps travaillé, au relief accidenté. Certaines figures aux masques-cheveux, à la musculature évidente mais disproportionnée, ont quelque chose de mythologique, de mystérieux et d’inquiétant.


Dans I (série épopées), des êtres que l’on imagine maritimes, Poséidon, Néréides, sont entrelacés, confondus sur un rocher. On y entrevoit  tantôt une scène orgiaque tantôt une bataille. Une chose est sûre, ces personnages là luttent. Tout au contraire, Jupiter présente un personnage prostré, figé et tenant dans ses mains une couronne de têtes - objet de rituel ou offrande ? C’est un geste en suspens avant l’événement.

              

II (série épopées), bestiaire monté par accroissement progressif et accumulation de figures, dans la tradition italienne des grotesques, renvoie à l’auto-engendrement d’une forme par elle-même. La sculpture et les êtres qu’elle abrite forment un corps en perpétuel mouvement.


Vasque-monde évoque une sorte de trou sans fond, où l’on risque de se perdre, on l’observe sur la pointe des pieds, vue du dessus, de l’intérieur. Mais de l’extérieur c’est tout à fait autre chose. Elle est gardée par des petites femmes en terre brune, au corps parfois non fini, et finalement peu avenantes qui dégagent une inquiétante sensualité. C’est un corps inversé, où le haut devient le bas, corps subversif car non fini, en expansion continuelle, un corps-monde ou l’infiniment grand abrite l’infiniment petit, où le changement de perspective, la loupe, donne le vertige d’un monde dans un monde.


Monde de la mascarade, de la métamorphose, traces d’un imaginaire grouillant, ces figures demeurent inquiétantes : qu’y a-t-il derrière le masque ?




Entretien

édition anniversaire de la Biennale de la Jeune Création à Houilles en 2014


>Etre artiste en 2014, que cela signifie-t-il vous ?

C’est une façon d’être présente, de se positionner avec une pensée autonome, se mettre à distance avec l’exigence d’aller plus loin dans son travail.


>Pouvez-vous expliquer votre envie de devenir artiste ?

Cette envie n’a jamais été formulée et les choses se sont mises en place très progressivement. C’est plutôt une curiosité exacerbée qui m’a poussée à chercher plus loin et aussi à collaborer avec d’autres (artistes, critiques, écrivains, éditeurs…)


>Que diriez-vous de votre parcours ?

J’ai pioché où j’ai pu, à Poitiers à l’Ecole de l’Image j’ai façonné mes premiers livres d’artistes, à la Sorbonne j’ai beaucoup écrit et appris sur d’autres artistes et enfin à l’Ensba de Paris, j’ai fait de belles rencontres artistiques. C’est un parcours assez éclectique mais sur mesure.


>Avez-vous eu des rencontres déterminantes ?

Quand le travail vient s’enrichir d’un nouveau regard et d’une critique qui fait avancer, c’est une belle rencontre. Les visites d’atelier par exemple m’apportent beaucoup et me donnent aussi des idées de collaborations. Il y’ a aussi mes « artistes héros », ceux que j’aurais aimé  rencontrer mais qui à travers le témoignage d’autres me racontent beaucoup.


>Votre (premier ou dernier) choc artistique ?

Un documentaire sur le nouvel an roumain. Un rite païen (capra/cerbul, chèvre/cerf)  toujours pratiqué où les hommes vêtus de peau de bêtes et de masques sculptés paradent et dansent. Cela fait partie des légendes rurales qui me fascinent et nourrissent mon travail.


>Quelle relation entretenez-vous  à votre espace de travail quelqu'il soit ?

J’aime assez l’idée d’un atelier nomade, sans attache à un lieu car justement je me déplace beaucoup et je travaille in situ. Mon atelier est à cette image, jamais figé, toujours en mouvement, rien ne reste, j’accroche je décroche. C’est aussi le lieu où je vis, et il est comme toute autre pièce un espace domestique, un lieu de passage et surtout de transition, aussi, je travaille à toute heure, sans fixer ni règles ni contraintes horaires.


Dynamiques des Fluides, avec l’oph et le centre d’arts plastiques d’Aubervilliers, France

Curatoriat : Juliette Fontaine, mai 2015

Dessins Domestiques, performance dessinée, Chez Industrial Ochestra, 15 novembre 2014, 20 min avec le soutien de la galerie LOUISE, Le Pré Saint Gervais

Nuages aux contours de roches, galerie Louise, Le pré Saint Gervais, septembre à novembre 2014

Sleep Disorders, intervention dessinée en partenariat avec le CAPA d’Aubervilliers au 26 rue Jules lopez, 26 octobre 2014, 30 min

Conversation, galerie Saint Severin, Paris, juillet à septembre 2014

Constellations, New York, Museum Quality, juilliet à septembre 2014

Diurnes, avec David Ortsman, Cutlog New York, mai 2014

Le vif et l’inerte, résidence exposition au Centre d’Art de Lacoux, avril 2014

Epopées, crypte de l’école d’art du Beauvaisis, Beauvais, 2013

De la lenteur avant toute chose, abcd collection, montreuil, avril 2013

Marginalia, Musée de Brunoy, janvier à mai 2012

Vasque monde, le hublot, Ivry sur seine, Juillet 2011

Parades, exposition de travaux récents céramiques et dessins, Ensba, Paris, 2011

Reliefs, vestibule de la maison rouge, fondation antoine de galbert, commissariat d’exposition claire schillinger, dessins et céramiques, du 30 juillet au 30 août 2010, Paris

Tout Autour, Artegalore, sélection de dessins et peintures, commissariat d’exposition Guillaume Garouste, du 21 Mai au 11 juillet 2009, Paris

Suivez la ligne, Maison Jules Verne, édition d’un catalogue monographique, du 16 mai au 13 juin 2009, Houilles (78)

Monstres et dramaturgies


Atteints d’un mal étrange les personnages dessinés ou modelés de Sophie Gaucher

brûlent de bien des feux. L’animalité fait le jeu de l’humain. L’inverse est vrai aussi.

Parfois avec violence, parfois avec des couleurs plus tendres et drôlerie il arrive

que les flammes du vivant attisent d’étranges feux de la Saint Jean. Mais aux saints

l’artiste préfère les monstres afin de concrétiser l’incurabilité des êtres. Néanmoins,

elle ne cultive pas seulement leur noirceur. Poulpes et oiseaux quittant le lit de la

condition humaine ne se livrent pas forcément à des passions coupables.

Sophie Gaucher emporte dans un paradis dionysiaque ou un enfer spectral et enjoué.

Preuve qu’il existe en l’homme quelque chose qui cloche et que Sophie Gaucher

fait tinter sans tenter de le redresser mais de le suggérer à travers ses fables.

Ce qui est modelé ou dessiné provoque la démesure, la dérive que certains nommeront

une pathologie du vivant. L’artiste se contente de perturber les apparences.

La souveraineté optique franchit les frontières du réel et se dégage de la recherche

d’ornements sans pour autant renier la beauté. Sophie Gaucher crée un vocabulaire

particulier pour une dramaturgie moléculaire où les saumons à plumes font de leur

créatrice une poétesse moins abstraite ou absurde qu’il n’y paraît.

Jean-Paul Gavard-Perret